Merci,
Votre mot vous retrouvera là-bas.
Il y a des territoires
qui nous attendent.
Silencieux,
ils nous attendent.
Avant nous, tant de cordées ont parcouru ces chemins.
D'autres qui ont choisi ce territoire pour y bâtir quelque chose. Des hommes, des femmes qui se sont liés ensemble, qui ont tenu debout face à des conditions plus dures qu'eux. Leurs noms ne disent peut-être plus rien. Mais leurs traces, elles, sont restées.
Aller là où personne n'était allé.
C'est ici que cette idée a pris forme : qu'il était possible d'ouvrir une voie qui n'existait pas encore. Qu'il fallait juste y croire assez longtemps pour que d'autres, ensuite, puissent suivre. Que toute première laisse une trace pour ceux qui viennent après.
Le glacier recule, et nous le regardons en face.
Chamonix est aux premières loges d'un monde qui change. Ce qui se joue ici nous dépasse, mais ne nous condamne pas. Continuer ensemble demande qu'on voie clairement ce qui s'effondre, et qu'on choisisse, malgré tout, de bâtir.
La beauté et le précipice sont séparés d'un pas.
Chamonix ne dramatise jamais. Elle tranche. Et c'est cette franchise qu'elle exige aussi de ceux qui s'y rendent : regarder ce qu'on a fait, ce qu'on tente, ce qu'on laisse, sans détourner les yeux. On ne vient pas ici par hasard.
Dans quelques jours, nous y serons ensemble.
Avant d'y aller, il y a une question que nous aimerions vous poser. Pas pour les réponses qu'elle appellera, mais pour ce qu'elle dépose en chacun de nous, dès maintenant. Une question qui pourra voyager avec vous jusque là-haut.
Que voulez-vous
qu'il reste de Chamonix ?
Merci,
Votre mot vous retrouvera là-bas.